Fondée à la fin du IXe siècle avant notre ère, Carthage est devenue à partir du VIe siècle la capitale d’un vaste empire commercial en Méditerranée. Ses ports n’étaient donc pas un simple point d’arrivée : ils formaient l’un des centres logistiques d’une puissance tournée vers la mer.
Le dispositif associait deux espaces reliés. Le premier accueillait les navires marchands. Le second, réservé à la flotte militaire, dessinait un bassin circulaire autour d’un îlot central. Cette séparation permettait d’organiser les activités du port tout en maintenant les installations navales à l’écart des regards.
L’historien antique Appien décrit des cales capables d’abriter 220 bâtiments, des magasins pour leur équipement et, sur l’îlot, la maison de l’amiral. Ce chiffre spectaculaire reste celui d’un témoignage littéraire rédigé plusieurs siècles après les faits : il éclaire l’ambition du complexe sans constituer, à lui seul, une mesure archéologique définitive.
Les recherches menées sur le site confirment néanmoins une architecture soigneusement planifiée. La forme circulaire du port militaire et son îlot central demeurent visibles aujourd’hui. Elles rappellent que la puissance maritime dépendait autant des marins que des infrastructures capables d’entretenir, d’équiper et de déployer une flotte.
Carthage fut détruite par Rome en 146 avant notre ère, puis une ville romaine se développa sur le même territoire. Les vestiges actuels superposent ainsi plusieurs époques. Inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO, le site conserve notamment le secteur des ports puniques parmi les composantes essentielles de cet ensemble archéologique.
Regarder ces bassins, c’est lire une idée très moderne : une civilisation peut étendre son influence lorsque ses réseaux, ses ateliers et ses lieux de décision fonctionnent comme un même système. À Carthage, ce système avait la forme d’un cercle posé au bord de la Méditerranée.
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